La Surpiqueuse

par | Juin 3, 2022 | Soumis.es, Winter Sub | 5 commentaires

Je ne vais certainement pas vous surprendre si je vous dis qu’il m’arrive de faire des cauchemars, comme vous, sans doute… Je n’y échappe pas.

Et inévitablement quand cela arrive, mes soumis viennent, à leur insu, s’inviter à la noce…

Et cette nuit, j’ai rêvé de ma surpiqueuse, et je me suis réveillée en sueur, pensant fermement que ma cave était sous les eaux …

Depuis l’inauguration de mon donjon, j’y reçois, en catimini, des soumis, qui font un très, très grand crochet, le matin ou le soir, pour se rendre de chez eux à leur travail, et vices et Versailles…  En passant par chez moi !

Je les soupçonne de faire ces gigantesques détours pour une passion viscérale commune qu’ils vouent à ma machine révolutionnaire, et qu’ils ne peuvent pas avoir loisir d’installer chez eux, parce que leur Péronnelle le prendrait très, très mal !

Mes soumis sont triés sur le volet ; Heureusement d’ailleurs ! Parce que s’ils étaient tout un escadron, cela m’imposerait de mettre en place une logistique beaucoup plus sécurisée… Mais avant de vous conter l’aventure de mes failles en gestion des stocks, je pourrais d’abord vous parler un peu d’eux :

1

Permettez-moi de vous présenter Vincent :

Vincent est programmeur informatique, fin trentaine, père de deux jeunes enfants.  Il y a six mois de cela, il est tombé en extase devant mes bijoux de pieds sur Fetlife.  Propre de sa personne, toujours bien mis, il parle à une vitesse déconcertante, et si je ne lui serre pas la bride, il peut devenir intarissable lorsqu’il se lance dans des sujets tels qu’un nouveau logiciel révolutionnaire ou ses dernières avancées sur Python ou Java.  Rien ne le distingue en apparence des geeks que l’on peut croiser dans n’importe quelle boutique de matériel informatique.  Mais dès que je retire mes talons aiguilles et que j’agite mes orteils sous son nez, ses yeux rissolent au fond des orbites et la fébrilité s’empare de tout son corps.  Vous avez compris : C’est par là que je le tiens.

Vincent se poste à présent à quatre pattes sur le parquet du donjon, le cul offert et les dents enfoncées dans un bâillon au confort proche des antistress à mémoire de forme.  Les cuisses déjà vacillantes, il est venu, ce matin, avec son gode personnel, qu’il me tend. Un étonnant gode d’un jaune éclatant.  Je le fixe aussitôt à la tige de ma fuck machine que j’ai réglée au niveau 5.

Vincent apprécie particulièrement le va-et-vient mécanique du dildo ramonant son élégant trou de biche, et au bout de 5 minutes, si je viens poser mon pied nu sur sa bouche, il gicle en gémissant des petits sons aigus onomatopéiques, puis couvre tous mes orteils de baisers compulsifs.

Je pourrais aussi vous parler de Martin :

Début cinquantaine, il enseigne dans un lycée perdu de la région de Forbach.  Cérébral et un tantinet ténébreux, je le sais captif d’une vie conjugale qu’il compare à un cauchemar.  Il est un peu difficile à suivre parfois, d’autant qu’il ne parle pas fort, mais il aime élever des poèmes à ma gloire.  Pauvre Martin,  il lui a fallu des mois et des mois avant de me confesser qu’il était ombiphile, c’est-à-dire qu’il vouait à mon nombril un véritable culte et que c’est en kilolitres qu’il mesurait le volume de foutre que cette région de mon corps pouvait lui arracher.  Il a toujours eu honte d’être rongé par un fantasme aussi marginal, mais il m’est reconnaissant de l’avoir rassuré sur ce point en lui rappelant – dans les mots du marquis de Sade lui-même — que ces passions, dont de froids et plats moralistes vous effraient, ne sont que les moyens que la Déesse emploie pour faire parvenir l’homme aux vues qu’elle a sur lui (Note 1).

Avec Martin, je procède différemment qu’avec les autres.  Mon petit Martin est douillet du derrière, alors je le prends par devant : agenouillé à mes pieds, je lui ordonne d’ouvrir grand la bouche, je règle ma fuck machine à la vitesse 2, des fois 3, et je le gode directement dans les gencives.  Si sa jouissance tarde, je soulève le bas de mon haut-top, et je lui plaque un gros plan de mon nombril au plus près de sa face ; la giclure est instantanée. Puis je lui ordonne de tout nettoyer. Plancher, table d’appoint… J’en profite pour en rajouter… Vitres… Rangement du frigo… Tout.

Je pourrais encore vous parler de Marc-André, Jean-Philippe, Antoine, Jean-David, etc…

Je compte une dizaine d’adorateurs que je passe tous régulièrement sur ma surpiqueuse

2

Mon donjon se situe au 1er étage d’un édifice qui comporte 9 unités d’habitation. Personne ici ne doit soupçonner la véritable nature de mes loisirs.  Par bonheur, les appartements sont relativement bien insonorisés ; si je dois entrer ou sortir du donjon, je veille toujours à sauver les apparences et à me vêtir d’un tailleur style agent immobilier ; de même, j’insiste pour que les soumis qui me rendent visite soient toujours sobrement vêtus.  Aucune excentricité : pantalon casual, chemise à manches courtes, nuque et barbe rasées de près, bref quelque chose qui évoque, peu ou prou, la dégaine vestimentaire du parfait travailleur frontalier.

Et ils le savent. Tous.

Comme ils savent que la première fois que je les installerai sur ma précieuse machine, ils devront venir, ce jour-là, avec leur propre gode.

Je procède un peu comme dans les écoles primaires, où l’élève peut laisser des choses qui lui appartiennent dans son propre casier scolaire, et n’a pas forcément besoin de les ramener chez lui.

Mais moi, c’est dans ma cave que je stocke tout leur petit matériel personnel, pour éviter qu’ils le ramènent chez Péronnelle, et que ça la fâche beaucoup si d’aventure elle tombait sur ce curieux pénis inerte, avec un petit trou au bout.

Un jour, en allant, pour des raisons toutes autres, dans un magasin d’emballage, j’ai vu des petits cartons refermables créés précisément pour emballer des sandwiches longs. Et je me suis dit Banco ! Pour les godes, c’est exactement ce qu’il me faut !

Or tout allait pour le mieux, je coulais des jours heureux, des joies clandestines d’une extrême intensité jusqu’à ce jour où madame Gilson, proprio au dernier et administratrice de notre immeuble, vint frapper à ma porte pour m’annoncer qu’il y avait eu infiltration et que ma cave, comme toutes d’ailleurs, était complètement inondée.

Madame Gilson…

C’est la seule voisine dont je me suis toujours méfiée.  Septuagénaire divorcée depuis longtemps, elle vit seule avec son Chihuahua et son abruti de fils âgé d’une trentaine d’années, et dont l’existence gravite entre la fréquentation de sites pornos et une addiction pour les matchs de foot et les jeux vidéo de la FIFA.  Oui, madame Hedwige Gilson…  Sèche comme un clou, filiforme comme un joint. Elle adore fourrer son nez partout.  Elle m’en veut, ça se sent, de ne l’avoir jamais invité à entrer chez moi – elle serait parfaitement capable d’appeler la police si par malheur elle apercevait ne fût-ce qu’une paire de menottes accrochée aux montants du baldaquin, et plus je cherche à me soustraire à ses manœuvres inquisitoriales, plus elle fouine.  Non que je lui aie jamais fourni le moindre prétexte de soupçonner quoique ce soit de la nature de mes activités, mais elle a le flair, la morue, elle sait d’instinct que quelque chose en moi ne cadre pas.

J’étais en train de cingler le cul de Jean-Baptiste sur la croix de Saint André, lorsque cette vieille sniffeuse de Gilson s’amena sur mon palier.  Je reconnus tout de suite le poinçonnement de ses jointures décharnées sur la porte du donjon, suivi de son coup de sonnette.  Et merde.  Elle m’a croisée tout à l’heure, dans l’escalier. Elle sait que je suis là.

Mon soumis était encore bâillonné – c’était toujours ça de pris – mais je n’avais plus le temps de me changer.

  • Madame M***, ouvrez je vous en prie, ouvrez ! Je dois vous parler.  Il y a urgence, une chose terrible…

Bon, je me dis, c’est peut être grave. C’est peut-être le feu… Je suis obligée d’ouvrir…

J’enfile à la diable un kimono, retire mon diadème, mais je dois me résoudre à conserver mes gigantesques Pleaser, au laçage tellement compliqué que j’aurais besoin de détacher mon soumis, qui va mettre des plombes pour me les retirer.  Tant pis…

Lorsque je lui ouvre, la Gilson recule d’un bon pas.  Sa comédie de vieille souffreteuse cède aussitôt la place à un étonnement démesuré lorsqu’elle aperçoit mes cuissardes qui montent à ras-le-kimono.

Elle en profite pour essayer d’allonger le cou pour jeter un œil derrière moi.

  • Aaaah, madame M***, je suis désolée de vous déranger…  vous n’imaginez pas…  Il y a, au moins, un mètre d’eau dans la cave, une conduite a dû céder, ou alors c’est monsieur Marceau qui s’est encore endormi dans sa baignoire et qui a oublié de fermer le robinet, mais c’est une catastrophe, de l’eau partout, et d’après le plombier, ça stagne depuis plusieurs jours déjà. Personne ne s’en est aperçu avant, et maintenant les dégâts sont effroyables ! Vous savez que j’y avais mon congélateur et ma machine à tricoter… Oh la la, jamais j’en retrouverai une comme ça… Le plombier est déjà là, Dieu merci, mais il faudrait aussi alerter les pompiers, qu’en pensez-vous ? Le seul moyen ça va être de pomper tout ça, et je ne vois que les pompiers pour pouvoir le faire. Ah moi quand je m’énerve, je ne sais plus par où…
  • Allons, madame Gilson, du calme… donnez-moi quelques minutes et je descends avec vous…

Juste avant de refermer la porte derrière moi, son œil de perroquet tente de scanner les moindres recoins de mon vestibule…

Je détache Jean-Baptiste, et en moins de temps qu’il faut pour le dire le mue en déshabilleur des situations d’urgence. Il s’affaire avec ardeur à m’assister.

Une tenue plus vanille enfilée, me voici parvenue à la cave.

Le niveau d’eau était effectivement très élevé, nous en avions au moins jusqu’aux genoux. Le plombier, un petit gros plutôt guilleret, nous rassura tout de suite en disant que la fuite provenait d’un tuyauterie d’arrivée d’eau, et que les appartements n’étaient pas impactés. Les dégâts sont limités à la cave.  Il avait eu tôt fait de colmater la brèche, mais voilà qu’il nous pointait du doigt des trucs bizarres qui flottaient dans un coin de la cave :

  • À votre avis, c’est quoi ces petits bateaux-là ?  j’ai pensé à une régate de mini pompes à bicyclettes, mais…

Et il se met à rire…

Je réajuste mes lunettes, et je reconnais le dildo de Christian.  OMG ‘sic’

Et un peu plus loin celui de Marc-André.  Merde.

Dans le couloir des communs…

L’eau avait détrempé et fait basculer les mini cloisons provisoires en placoplâtre que venait de poser récemment un plâtrier pour refermer les anciennes portes de la plupart des boxes, dont la mienne qui flottait.

Avec l’humidité, le carton avait gonflé, et le système d’attache des boites à sandwiches avant cédé. Ils flottaient tous, avec le couvercle grand ouvert et les sobriquets de mes subs marqués au feutre indélébile dessus…

Tous mes godes dérivaient à fleur de coque dans des boites détrempées ; on aurait dit une armada de minuscules barques au bord de basculer dans un dramatique naufrage, avec un phallus inerte à l’intérieur.

  • Haha, dit le plombier, à mon avis, il y a quelqu’un dans ce building qui affectionne l’art inuit…Haha

La Gilson rougissait de honte et ses joues étaient gonflées à se rompre, comme si elle soufflait de toutes ses forces dans une trompette invisible :

  • Monsieur, je vous interdit de… n’allez pas penser que…  ceci n’est pas un hôtel de passe, ceci… est un immeuble bien tenu…  n’est-ce pas madame M***?

Et alors qu’on sentait bien qu’elle approchait le stade proche de l‘hyperventilation, elle se figea d’un coup. Blême.

Avec l’agitation des bottes du plombier, dans l’eau, une barquette venait de pivoter doucement, laissant apparaitre, à la lumière du vasistas, le surnom d’Antoine :

‘CHEWWIE’ apparaissait en lettres capitales.

J’avais perçu, qu’à la pratique de la surpiqueuse, Antoine produisait des sons, qui, avec un peu de travail que je lui faisais faire pour parfaire ses vocalises, arrivaient à avoisiner assez précisément la jappe du roquet…

Alors je l’ai surnommé Chewwie. Le nom du chihuahua !

J’ai cru qu’elle allait faire une syncope.

 

(Note 1): J’ai remplacé ici le mot de nature par celui de Déesse.  L’expérience m’a montré qu’il est préférable d’user avec mes adorateurs d’un langage susceptible d’élever, et surtout de maintenir, la perception qu’ils ont de moi sur le plan de la transcendance pure et simple.

 

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